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«La bonne collaboration avec swisstopo nous a aidés et déchargés»

Après l’éboulement de Bondo le 23 août 2017, swisstopo a effectué plusieurs vols spéciaux sur mandat de l’OFEV et en accord avec l’Office des forêts et des risques naturels du canton des Grisons. Son chef de projets, Roderick Kühne, raconte la collaboration dans un entretien.

07.05.2018 | DKW

Roderick Kühne
Roderick Kühne

Roderick Kühne, comment est née la collaboration entre vous-même et swisstopo?

La Confédération et les cantons ont décidé que dans des situations exceptionnelles et à partir d’une certaine ampleur de catastrophe, swisstopo assure les vols pour ce que l’on appelle le Rapid Mapping. Dans le cas de Bondo, le canton des Grisons a demandé à l’OFEV un soutien pour les vols, puis l’OFEV a donné le mandat à swisstopo. C’était un avantage pour nous, car nous n’avons pas perdu de temps à formuler des mandats externes. Il nous suffisait de définir le périmètre et nos besoins dans cette situation. Ainsi, tout s’est déroulé assez vite et sans complications.

Quels produits concrets avez-vous reçus de swisstopo?

Les premiers produits ont été les images obliques, donc des prises de vue faites avec un appareil photo normal depuis un hélico. C’était très utile d’avoir très rapidement des photos de bonne qualité en plus de nos propres prises de vue, montrant la catastrophe et ses caractéristiques. Les deuxièmes produits ont été les orthophotos Quick, qu’on peut incorporer et utiliser dans des systèmes d’information géographique SIG comme arrière-plan d’une carte. Les troisièmes produits sont les modèles de terrain numériques et les quatrièmes sont les orthophotos « normales ». Ces deux derniers produits sont plus longs à préparer : les modèles de terrain numériques par exemple doivent être très précis et sont en partie contrôlés manuellement.

Pourquoi avez-vous besoin de modèles numériques de terrain?

Ils donnent des indications sur la manière dont le paysage a changé, quelles masses se sont déplacées lors d’une catastrophe. Sur cette base, on peut calculer où il y a des accumulations ou des érosions et leur taille, soit les «bilans de masse». Nous avons besoin des modèles de terrain, d’une part pour comprendre le processus: que s’est-il passé, combien de matière y a-t-il et où. Et d’autre part, nous en avons aussi besoin pour les évaluations prévisionnelles, quand il faut estimer ce qui pourrait se passer avec cette matière. Avec leur aide, nous procédons à une évaluation des dangers sur la base de la nouvelle situation. Enfin, nous avons besoin de modèles numériques de terrain pour la remise en état et la planification des sites de décharge, pour lesquelles les mètres cubes impliqués sont déterminants.

Comment avez-vous vécu la collaboration avec swisstopo?

Dans l’ensemble, très bien. Ils nous ont fourni un excellent et rapide soutien, avec de nombreuses connaissances spécialisées et les produits nécessaires. Le cas concret nous a aussi permis de voir où il y a encore matière à amélioration. Une prochaine fois, nous saurons précisément quel est le protocole à suivre, quelles décisions doivent être prises et par qui, de quels produits nous avons besoin. À cet égard, il est important que les cantons sachent quelles données swisstopo peut fournir, dans quelle qualité et combien de temps ça prend. Dans une situation d’urgence, une précision moindre nous suffit, pourvu que nous ayons les données rapidement. Cela a bien fonctionné pour Bondo car nous avons reçu d’abord les Quick orthophotos et ensuite les produits détaillés.

Quels défis fallait-il maîtriser?

Surtout le facteur temps. Il faut être très rapide dans la gestion des catastrophes, ce qui pose des problèmes quant à la grande quantité de données. Ces données ne peuvent plus être partagées par voie électronique entre divers, car il s’agit de trois téraoctets par vol; nous recevons donc les supports de données par poste, ce qui nous fait de nouveau perdre un ou deux jours. C’est pourquoi il faut fixer les priorités et décider entre la meilleure qualité et une disponibilité plus rapide. Des produits de niveaux de détail différents seraient la solution. La démarche de swisstopo était la bonne solution car des produits de divers degrés de détail nous ont été fournis : en premier lieu les orthophotos Quick sous forme de Web Map Service (WMS), soit les couches WMS sur le portail des géodonnées de la Confédération.

À ce moment, la couche WMS n’a pu être publiée que dans un environnement en phase de test et a donc mis du temps à être représentée. swisstopo a cependant réagi rapidement, et cela devrait mieux fonctionner maintenant, et les premières photos devraient pouvoir être consultées rapidement sur un service cartographique. C’est un des enseignements que nous avons tiré du processus: nous devons nous assurer que les données que nous recevons soient accessibles à tous les participants aussi vite que possible.

 

Certaines entreprises privées offrent des services semblables. Comment voyez-vous le rôle général de swisstopo dans le contexte de telles catastrophes?

La Confédération entre en jeu lors de catastrophes exceptionnelles comme Bondo. Cela décharge les cantons et les communes dans le sens de la subsidiarité. swisstopo collecte les données et les met à disposition. Après la phase aigüe, le processus continue presque comme lors de l’octroi d’un mandat normal, comme cela s’est produit dans le cas de Bondo. À ce moment-là, les bureaux privés entrent en jeu et traitent les données avec des applications spécialisées et leurs connaissances spécifiques. Dans un cas normal, les travaux de ce type sont réalisés par des entreprises privées spécialisées.

 

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