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Un nuage de CO2 sous surveillance

Une expérience est en cours à Saint-Ursanne, commune du Jura, pour faire progresser les objectifs climatiques. Dans le laboratoire souterrain du Mont Terri, les chercheurs testent le stockage du CO2 en couches géologiques profondes. swisstopo est partenaire du projet.

03.05.2021 | DKW

Mt-Terri Swisstopo

Le laboratoire souterrain du Mont Terri, exploité par swisstopo, est situé à 300 mètres sous la surface de la Terre et se compose de 1200 mètres de galeries et de niches. Depuis les années 90, on y développe des projets de recherche internationaux sur le stockage en couches géologiques profondes. Les études portent principalement sur le stockage de déchets radioactifs, l’élimination des déchets chimiques et, désormais, sur le stockage du CO2, ce qui permettrait d’atteindre d’importants objectifs climatiques. Le temps presse.

Une étape clé de la politique énergétique

D’ici 2050, la Suisse doit atteindre la neutralité climatique selon la stratégie de la Confédération. Il s’agit d’une étape clé de la politique énergétique. L’Accord de Paris sur le climat prévoit également de réduire les émissions de CO2 et de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré par rapport à la période de référence préindustrielle. Ces objectifs impliquent des mesures ambitieuses. La réduction des émissions de gaz à effet de serre ne sera pas suffisante à elle seule. Il faudra en plus récupérer le CO2 contenu dans l’atmosphère et le stocker en toute sécurité.

Un projet de recherche international

Le laboratoire souterrain du Mont Terri permet d’effectuer les tests correspondants. «Il est construit dans de l’argile à Opalinus: une roche imperméable», explique Christophe Nussbaum. Avec son équipe, le responsable du laboratoire doit veiller à son bon fonctionnement et assurer la sécurité. Le Service géologique national de swisstopo participe ainsi à un projet de recherche international dirigé par le Service Sismologique Suisse de l’EPF de Zurich.

Mt-Terri Swisstopo

Les substances peuvent-elles s’échapper?

Les experts ont aménagé une niche de recherche dans la roche souterraine et foré des puits de 25 mètres de profondeur. «L’argile à Opalinus a été creusée en raison de sa capacité d’auto-cicatrisation», explique Christophe Nussbaum. Sous l’argile se trouve du calcaire poreux. Ce dernier est idéal pour absorber le CO2 dissous dans de l’eau salée. Un intérêt particulier est porté aux zones de failles dans la roche. L’expérience a pour but de clarifier si ce gaz pourrait s’échapper par ces zones de fractures. Cela entraînerait un risque considérable: «Les eaux souterraines pourraient être polluées», signale Christophe Nussbaum. Les processus physiques et chimiques déclenchés par l’injection de CO2 sont donc au cœur de l’étude.

Une technologie de pointe

Sur les écrans du laboratoire souterrain, les injections de CO2 sont représentées par une sorte de nuage. Leurs mouvements sont mesurés et analysés à l’aide de capteurs. De cette façon, la réactivité du gaz peut être observée avec précision dans la roche. Selon Christophe Nussbaum, les experts considèrent que le risque de tremblement de terre est «très faible». Jusqu’à présent, aucune vibration n’a été détectée. Les chercheurs de l’EPF de Zurich se rendent sur place une à deux fois par semaine pour suivre les trajectoires d’écoulement du CO2. Ils suivent également l’évolution de la situation depuis leurs bureaux de Zurich, ce qui est possible grâce à des technologies de pointe.

Création prochaine d’un projet pilote

Cette expérience fait partie d’un projet de la Commission européenne et de l’Office fédéral de l’énergie. Elle fournit des bases et informations importantes pour évaluer les risques du stockage souterrain du CO2. La Suisse produit environ 50 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an. La recherche fondamentale sur le stockage du CO2 dans le laboratoire souterrain du Mont Terri est unique en Suisse. Alors qu’il existe déjà des projets de stockage de CO2 dans le monde, comme par exemple en Norvège ou au Canada, aucun projet pilote n’est encore prévu sur le territoire suisse. «Ce serait la prochaine étape», affirme Christophe Nussbaum. La Suisse a une forte densité de population. La recherche d’emplacements optimaux de stockage des gaz à effet de serre dans la roche est toujours en cours. Pour le responsable du laboratoire souterrain du Mont Terri, c’est déjà clair: «Le potentiel est là».

 

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